La suspension de la réforme des retraites s’applique depuis le 1er septembre. Elle ne concerne que les générations 1964 à 1968. La génération 1965 du premier trimestre gagne six mois d’âge légal et deux trimestres de durée. À partir de 1969, la cible de 64 ans et 172 trimestres s’applique intégralement.
On a beaucoup dit que la réforme des retraites était suspendue. C’est vrai pour cinq générations. C’est faux pour toutes les autres.
Ce qui s’applique depuis le 1er septembre
L’article 105 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 décale le calendrier de la réforme de 2023 pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Voici le détail, génération par génération.
La génération 1963 ne bouge pas : 62 ans et 9 mois, 170 trimestres.
La génération 1964 passe de 63 ans à 62 ans et 9 mois, et de 171 à 170 trimestres.
La génération 1965 née entre janvier et mars passe de 63 ans et 3 mois à 62 ans et 9 mois, et de 172 à 170 trimestres. C’est le gain maximal du dispositif : six mois d’âge et deux trimestres.
La génération 1965 née entre avril et décembre passe à 63 ans et 171 trimestres.
Les générations 1966, 1967 et 1968 gagnent chacune trois mois d’âge légal, sans changement de durée.
À partir de la génération 1969, rien ne change. L’âge légal reste 64 ans, la durée 172 trimestres.

Ce qui n’est pas suspendu du tout
L’âge du taux plein automatique reste fixé à 67 ans pour tous les assurés nés à partir de 1955. La suspension ne l’a pas touché.
C’est une précision qui compte, parce que c’est sur cet âge que se calent les carrières incomplètes, et elles sont nombreuses.
Ce que cela ouvre comme décision
Un cadre né en 1964 ou 1965 qui avait calé son départ sur l’ancien calendrier a un arbitrage à faire maintenant, et il porte sur trois leviers.
La surcote, qui majore la pension de 1,25 % par trimestre travaillé au-delà du taux plein. Deux trimestres gagnés peuvent se transformer en deux trimestres de surcote si l’on maintient la date de départ.
Le rachat de trimestres, dont l’intérêt se recalcule entièrement quand la durée requise baisse de deux trimestres.
Le cumul emploi-retraite, qui depuis 2023 génère des droits nouveaux sous conditions.
Pourquoi la suspension n’est pas une bonne nouvelle en soi
Il faut dire ce qu’elle coûte. Le Conseil d’orientation des retraites la chiffre à 1,8 milliard d’euros par an en moyenne jusqu’en 2032.
Le système de retraite était déjà déficitaire de 5,1 milliards d’euros en 2025, soit 0,2 % du produit intérieur brut, pour 422 milliards de dépenses.
Un report de charge n’est pas une annulation de charge. Quelqu’un paiera, et le budget de la sécurité sociale pour 2027 est présenté fin septembre.
Ce qu’il y a à faire
Demander votre relevé de carrière, vérifier votre génération et votre trimestre de naissance, et refaire le calcul de la date optimale de départ.
Ceux qui sont nés en 1964 et 1965 ont une fenêtre. Les autres ont un système qui ne les attendra pas.
Encore faut-il avoir les informations.
Sources
- Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, article 105, modifiant la loi n° 2023-270 du 14 avril 2023
- Circulaire CNAV n° 2026-07 du 5 mars 2026, âges légaux et durées d’assurance applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026
- Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel de juin 2026, évolutions et perspectives des retraites en France : coût de la suspension estimé à 1,8 milliard d’euros par an en moyenne jusqu’en 2032
- Conseil d’orientation des retraites, rapport annuel de juin 2026 : solde du système de retraite de moins 5,1 milliards d’euros en 2025, dépenses de 422 milliards d’euros, soit 14,1 % du PIB
- Code de la sécurité sociale, âge d’annulation de la décote maintenu à 67 ans pour les assurés nés à compter de 1955


