Le projet de loi de finances pour 2027 est présenté en Conseil des ministres le 1er octobre. Une partie de votre impôt 2026 est déjà votée, une autre seulement annoncée. Le tri s’impose avant toute décision d’ici le 31 décembre.
Le projet de loi de finances pour 2027 arrive en Conseil des ministres le 1er octobre, avec un effort affiché de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public à 5 % du PIB, contre 5,4 % attendus en 2026. Matignon promet la « stabilité fiscale ». Pour votre impôt, trois niveaux à séparer : le voté, l’annoncé, la rumeur.
Voté, annoncé, spéculé : le tri
Voté. La loi de finances pour 2026 a revalorisé le barème de 0,9 % : par part, 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 €, 45 % au-delà. Elle a reconduit la contribution différentielle sur les hauts revenus, impôt minimal de 20 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence (le double pour un couple), jusqu’au retour du déficit sous 3 % du PIB. La loi de financement de la Sécurité sociale a porté la CSG sur le capital de 9,2 % à 10,6 % : prélèvements sociaux à 18,6 % et flat tax à 31,4 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilières et loyers meublés ; revenus fonciers, plus-values immobilières et assurance-vie restent à 17,2 %.
Annoncé. Le Gouvernement a écarté le gel du barème et proposera son indexation complète sur l’inflation, prévue à 2,1 % pour 2026, sans hausse générale d’impôt pour les ménages. Matignon a présenté un plan « Transmissions 2027 » : don familial d’argent porté de 31 865 € à 50 000 € et taux réduit temporaire de 6 % sur certaines donations. Rien n’est voté.
Arbitrage ou spéculation. Les retraités seraient sollicités à moins de 6 milliards, par sous-indexation des pensions ou plafonnement de l’abattement de 10 %. Rabot des niches et impôt sur les très hauts patrimoines, rejeté à l’automne 2025 : simples hypothèses d’amendement.
Le cas chiffré : ce qu’un gel aurait coûté
Un couple sans enfant, deux parts, déclare 80 000 € de revenu imposable. Avec le barème 2026, son impôt s’établit à 10 208 € : chaque part supporte 11 % sur 17 979 €, puis 30 % sur 10 421 €. Supposons que ses revenus suivent l’inflation.
À 2 %, le revenu passe à 81 600 €. Barème gelé, l’impôt monte à 10 688 €, 480 € de plus : le supplément tombe entièrement dans la tranche à 30 %. Barème indexé de 2 %, il s’établit à 10 412 €. Le gel aurait coûté 276 € à pouvoir d’achat inchangé, soit 4,7 % d’impôt en plus pour 2 % de revenu. À 1 % d’inflation, l’écart tombe à 138 €.

L’indexation annoncée neutralise cet effet. Deux années de suite, pourtant, faute de budget au 31 décembre, une loi spéciale a reconduit les impôts existants et l’indexation n’a été votée qu’en février. Rien n’est acquis avant le vote.
Les leviers qui ne dépendent pas du vote
Le plan d’épargne retraite reste déductible à hauteur de 10 % des revenus professionnels 2025, dans la limite de 37 680 €, reliquats des trois années précédentes compris. Pour notre couple à 30 %, 5 000 € versés avant fin décembre réduisent l’impôt de 1 500 €, hors plafonnement des niches. Le déficit foncier s’impute sur le revenu global jusqu’à 10 700 € par an, 21 400 € pour une rénovation énergétique payée d’ici fin 2027 qui sort un logement des classes E, F ou G. Les dons ouvrent 75 % de réduction jusqu’à 2 000 € pour l’aide aux personnes en difficulté, 66 % au-delà dans la limite de 20 % du revenu. Le régime réel, en foncier comme en meublé, déduit charges et intérêts réels quand le micro applique un forfait. Enfin, un logement neuf acheté à crédit d’ici fin 2028 sous le statut du bailleur privé s’amortit à 3,5 % par an de 80 % de son prix en loyer intermédiaire, jusqu’à 8 000 € par an, contre neuf ans de location.
Ce qu’il y a à faire
Avant le 31 décembre 2026 : vérifier le plafond PER disponible sur votre avis d’impôt et verser en conséquence ; régler avant fin décembre les travaux déductibles d’un bien loué nu ; effectuer les dons prévus ; pour aider un enfant à acheter un logement neuf ou rénover sa résidence principale, utiliser l’exonération temporaire de 100 000 € par donateur, qui expire fin 2026 ; au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence, provisionner l’acompte de 95 % de contribution différentielle, dû du 1er au 15 décembre. Le reste attendra la loi promulguée. Chez Paris Conseils, ce type d’arbitrage se tranche sur une note patrimoniale : vos revenus 2026, vos plafonds réels, le calendrier des versements, l’effet du budget une fois voté. Pas une réaction aux gros titres, une décision documentée.


