Personne ne vous demandera votre avis sur le budget de l’État, ni sur la dette, ni sur la croissance. Sur votre propre budget, en revanche, vous décidez seul, chaque mois.
La dette dépasse 3 500 milliards d’euros. La croissance plafonne à 0,4 %. Les engagements de l’État reposent sur des finances publiques déjà sous tension. Face à ces trois constats, la tentation la plus naturelle est de les commenter, de s’en inquiéter, parfois de s’en indigner, en attendant qu’un gouvernement change la donne. C’est une réaction compréhensible. Ce n’est pas une stratégie.
Il existe une différence nette entre ce qui se décide à l’Assemblée nationale et ce qui se décide à votre table de cuisine. La première catégorie échappe entièrement à votre contrôle individuel, quel que soit votre vote. La seconde vous appartient en totalité : le montant que vous mettez de côté ce mois-ci, le contrat que vous ouvrez ou non, la part de vos revenus que vous consacrez à consommer plutôt qu’à construire.

Se retourner vers ce qu’on maîtrise
Ce retour sur soi n’a rien d’un repli égoïste. C’est simplement le constat que l’énergie dépensée à commenter une conjoncture qu’on ne pilote pas est une énergie qui ne construit rien pour soi. Les chroniques précédentes dressaient un constat national. Celle-ci se termine par une question personnelle, la seule qui vaille vraiment : qu’avez-vous décidé, cette semaine, pour votre propre situation ?
Personne ne le fera à votre place. C’est précisément ce qui rend la démarche plus rassurante qu’elle n’y paraît : ce qui dépend de vous ne dépend pas d’un budget voté ailleurs.


